ENERGIE, SON ET LUMIERE

La seule énergie parfaitement propre est celle qu'on ne consomme pas

Il semble acquis qu'on ne peut faire l'économie d'un minimum d'énergie. Toutefois les solutions pour en diminuer drastiquement la consommation existent. 

Par ailleurs, il est important d'élaborer et diffuser une pensée écologique globale dans tout ce qui touche à la technique, et pas seulement le son et la lumière. Cela nécessite un refus des excès et le choix d'une simplicité volontaire.

LUMIERE

Consommation des projecteurs

Les projecteurs traditionnels, halogènes, sont très énergivores. Par exemple : 1 PAR (projecteur à réflecteur parabolique)  consomme 1000 Watt, c’est à dire la même consommation qu’un radiateur. 

Pour les gradateurs (variateurs d'intensité lumineuse), au delà de 4 prises, il faut une alimentation de 32 ampères.

Les LED représentent une bonne solution en consommation. Quand un projecteur traditionnel consomme 1000 watts, un à LED ne consommera que 150 watts. Mais on se retrouve avec une problématique liée à leur fabrication, qui suppose une forte consommation en électronique et en terres rares. D'autant que les projecteurs à LED son plus compliqué à réparer. Leurs cartes électroniques sont quasi impossibles à réparer, ou bien cela coûte plus chère que d'acheter un nouveau projecteur. On se retrouve dans la même situation que pour certains ordinateurs : on jette et rachète.

A l’inverse, il est très rare d’avoir à jeter un projecteur classique. Même si l'on utilise plusieurs lampes pour la durée de vie d’un projecteur traditionnel, à la fabrication ce sera toujours moins que pour la fabrication d'un projecteur à LED... à la fabrication seulement. 

Le recyclage est une solution pour les traditionnels car réparable quasi à l’infini. Mais pour les LED, ce n’est pas évident.

Heureusement, le led peut partir en maintenance. Les fabricants font de plus en plus de maintenance.

Effet rebond

Attention à l'effet rebond : des salles anciennement sous équipées en projecteurs car pas assez de puissance électrique, n'ayant pas de prises avec une arrivée électrique suffisamment puissante, s'équipent désormais en lumière avec des LED. Le volume de projecteurs achetés pourraient donc augmenter. 

Conclusion

La question lumière oppose deux problèmes écologiques : consommation et construction. Il est important qu'une structure, salle ou production, qui s'équipe en lumière songe au long terme, et considère que selon l'usage qu'elle en fait, des choix réfléchis et adaptés devront être faits. 

SON

Constat sur la consommation des systèmes de son

Concernant les amplificateurs et enceintes, la consommation énergétique est souvent malencontreusement confondue avec le rendement et la qualité. Pour les enceintes, la quantité de  watts consommés n’est pas un gage de qualité ni de puissance sonore. Le gage de qualité est le rendement. Par exemple : si 1000 watts consommés restituent 900 watts en terme de son, alors le rendement est de 90%. 

Autrefois des grosses enceintes avaient un rendement 50%. Aujourd’hui, le rendement s'est amélioré.

Les consoles de son peuvent fonctionner en numérique ou en analogique. Le numérique offre un gros avantage écologique : il fait diminuer grandement le volume de matériel à déplacer.

 

L'évolution des métiers du son

Un architecte acousticien est essentiel pour l'isolation phonique d'un espace, évitant ainsi la pollution sonore. En plus de cela, par l'amplification naturelle qu'il donne aux espaces qu'il conçoit, son action permet aussi des économies d’énergie.

Les régisseurs aujourd'hui sont plus pointus sur le sujet. Ces évolutions sont à encourager et partager. 

La question de la pollution sonore se pose aussi, ainsi que de la préservation de l'audition de chacun-e.

conclusion

Un son de qualité, une acoustique bien pensée lors de la conception d'un lieu et/ou d'un événement, permettent de recevoir la création sans nécessité de "pousser" le son de manière agressive.

GACHIS

Le consommable

 

Le gaffeur. De longues bandes de gaffeur ( = adhésif noir en bande large) sont souvent posées sans être indispensables. Parfois un petit morceau suffit. De la même manière qu'on veut diminuer les déchets dans nos modes d'alimentation, une sensibilisation sur ce sujet est bienvenue. 

Les câbles. Pour attacher des câbles il est très économique d'avoir des scratch. C'est très bien pour les événements en salle. Toutefois les scratchs ne sont pas éternels et ne marchent plus au bout d’un moment. En prestation extérieure, c'est beaucoup plus compliqué, du fait de ce qui peut s'y accrocher.

Les fumigènes. Ce ne sont pas de bons produits mais la consommation reste marginale, on n'est pas appelé donc à s'en priver pour raisons écologiques. Exemple : sur un mois en représentation quotidienne (tel que c'est le cas au Festival Avignon off), une seule recharge suffit.

Les piles. Les rechargeables permettent des économies d'énergie, mais il semblerait que ces piles ne sont pas bonnes pour les micros HF.

Plusieurs types de piles rechargeables : les NIMH sont des accumulateurs classiques, 1,2 volt, ce qui n'est pas adapté pour tout usage, grand public. Les autres sont des piles au lithium, de même que les batteries de téléphone, tension de départ de 1,5 volt.

On dit « Piles » pour non-rechargeables, et « accu » pour rechargeables.

Les exigences

 

Pour des envies personnelles ou peut-être par folie des grandeurs, des exigences absolument contraires à toute éthique environnementale sont trop souvent satisfaites. Une forte opposition face à ces choix est à encourager.

exemples :

- au Théâtre de la Ville, à Paris, un metteur en scène a exigé en plein mois d'avril des climatisations dans la salle. Un semi-remorque a été posé à l’arrière du théâtre pour climatiser la salle pour lui. Les répétitions étaient climatisées.

- Une pièce au budget solide mettait en scène 30 secondes avec des auto-tamponneuses. Cela pose la question du gâchis de moyen. Et cela entre en lien avec les débats autour de la distribution d’argent public, ainsi qu'au volet social de la transition dans le spectacle vivant : équité de traitement des créateurs, non seulement dans les rémunérations, mais aussi dans les moyens mis à disposition. 

 

Si le droit de retrait ne peut encore légalement se justifier sur la base de la protection de l'environnement, le droite d'alerte oui, depuis 2020. Il n'est pas à exclure que l'exercice du droit de retrait de la part d'un artiste ou technicien dans ce type d'irresponsabilité trouverait une justification aux yeux d'un législateur 1.

La climatisation / le chauffage

 

La climatisation s'est généralisée dans les années 90 - 2000. Un déni des effets désastreux a longtemps perduré. Des solutions durables autant que saines existent : rafraichissement naturel , murs végétalisés...

Les excès du chauffage, en loge comme en salle, censé offrir un confort, mais finalement n'offrant qu'une déperdition inutile, sont à proscrire. Communiquer entre artistes, techniciens et direction de salle est nécessaire pour ne pas se retrouver dans des situations où les personnes accueuillies se retrouvent excédés par un gâchis. Quand bien même cela partirait d'une bonne intention. 

CONCLUSION GENERALE

 

Une voie peut être de penser la taille des salles, le format des festivals, la répartition sur le territoire des lieux de culture et de divertissement.

Des représentations en plus grand nombre, et une diminution des besoins moyens techniques, des déplacements de loin, pour aller vers une simplicité volontaire de la technique autour des spectacles.

On peut penser aussi aux progrès technique : Le transport des outils numériques est plus rentables écologiquement. Et un intérêt pour la construction pensée dans l’économie d’énergie est à développer.

Il n'est pas indispensable de se focaliser sur les économies d'énergie en son, car la consommation est beaucoup plus importante concernant la lumière.

Enfin, on pourra s’inspirer du passé : avant l'industrialisation, on visait l'amélioration des cadres pour recevoir du public et des créations. Par exemple : les théâtres grecs, ou les lustres des opéras, pensés pour l'acoustique, et pas seulement en termes de déco....

Références :

1 - https://www.sante-et-travail.fr/droit-du-travail-se-met-peu-a-lheure-ecolo